Corsica Morning

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Le groupe I Muvrini mené par les frères Bernardini est en tournée pour son nouvel album “Invicta”. Ses musiques et ses convictions sont particulièrement d’actualité pour faire passer un message de paix.

 

Rencontre avec Jean-François.

 

Comment est né I Muvrini ? Que signifie son nom ?
“I Muvrini” se traduit en corse par “les petits mouflons”. C'est un animal qui vit dans les hautes montagnes corses, un symbole de liberté, chassé un temps et protégé aujourd'hui. Pour nous, tout a commencé par notre éducation dans notre Corse natale, avec notre père, menuisier mais également poète-chanteur. A l'âge de 7-8 ans, il nous a enseigné ce blues de la Corse qu’est la polyphonie. 

 

Comment définissez-vous votre style musical ?
On nous classe souvent dans la “World Music” mais on préfère se définir comme “musique pour le monde”. Une musique diverse qui puise sa source dans la vérité mélodique de la Méditerranée.  C'est une langue à laquelle nous sommes attachés, avec ses chansons populaires et ses traditions. Notre groupe est aussi composé d'un bassiste-choriste africain, un sonneur de cornemuse breton... Un univers entre pop et tradition surtout tissé d'éclectisme.

 

La musique en tant qu'art vous permet-elle de défendre vos valeurs ? 
C'est d'abord s'interroger sur notre rôle d'artiste. Si nous ne sommes que des amuseurs publics, l'état du monde n'a pas forcément besoin de nous aujourd'hui... Il faut relever le niveau, chanter le droit d'être un peu plus qu'un simple consommateur ou spectateur.  

 

Votre nouvel album “Invicta”, le 14e album studio s’inscrit dans son temps. Votre combat pour la non-violence amène-t-il des solutions ? 
Ce qui donne une cohérence à l'être humain, c'est quand il associe le dire au faire. Depuis 12 ans, nous avons monté la fondation européenne Umani. Le principal objectif de cette fondation est la non-violence. Les évènements tragiques que nous venons de vivre à Paris nous montrent justement combien l'être humain peut être vulnérable. Que souhaitons-nous enseigner à nos enfants ?  Face aux conflits, l'être humain n'est pas condamné à ces deux seuls choix que sont la résignation ou la violence. 

 

Pensez-vous que la violence soit une caractéristique propre à l'être humain  et qu'elle soit inéluctable ?
Les neuro-sciences ont beaucoup évolué ces dernières années. Cette science qui tend à montrer comment réagit le cerveau humain nous prouve aujourd'hui que la nature de l'homme n'est pas violente. Notre nature biologique est au contraire équipée de caractéristiques comme l'empathie,  l'altruisme; la violence n'est pas notre nature mais une violation de notre nature. 

 

Vous défendez aussi des valeurs universelles pour la préservation de notre planète, que pensez-vous d’un évènement comme la COP 21 ?
Le texte proposé ne comporte qu'une seul fois le mot “renouvelable” donc ça ne me semble pas être à la hauteur des défis. Nos comportements, nos gestes, notre manière de consommer, c'est déjà par là qu'il faut commencer. Les hommes ont toujours pensé que la Terre était un réservoir et un dépotoir à la fois. Cette conception n'est plus possible. La solution est en chacun de nous et ce n'est pas la COP21 qui résoudra cela. 

 

Pour la suite: http://www.lasemaine.fr/2015/12/17/i-muvrini--une-ode-a-la-non-violence

 

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La non-violence ça s'apprend et c'est ça, la bonne nouvelle ». Depuis hier, une cinquantaine de personnes ont choisi de consacrer leur week-end à livrer une réflexion sur le sujet. Il s'agit de la première université d'été sur la non-violence organisée par Umani, l'association pour une Fondation de Corse. Comme le souligne en préambule Jean-François Bernardini, « c'est une université dans le sens propre du terme, c'est-à-dire mettre le savoir à portée de tous. Nous pensons que tout le monde peut devenir artisan de la non-violence ».

Ce séminaire, qui se poursuit aujourd'hui donc, se déroule dans les locaux du groupe scolaire de Sisco, dans le Cap Corse. Depuis un an, les membres de l'association Umani ont pris leur bâton de pèlerin pour prêcher la bonne parole partout dans l'île et notamment dans les établissements scolaires. « Cinq cents personnes ont déjà suivi une journée de formation ou d'initiation dans les collèges, les lycées. Notre objectif est de former les formateurs de demain car cela apparaît comme une exigence de la société dans laquelle nous vivons », explique Jean-François Bernardini.

Des adultes issus de différents milieux sociaux ou professionnels mais aussi quelques adolescents ont décidé de s'inscrire à ce séminaire inédit à Sisco. Un travail en groupe a débuté, il est animé notamment par François Lhopiteau de l'institut de formation des mouvements alternatifs non violents de Normandie: « Tout le monde est très motivé pour des raisons personnelles, politiques ou culturelles. Notre projet demeure ambitieux et modeste à la fois puisqu'il s'agit de donner des repères aux participants pour au bout du compte, faire comme ils peuvent ».

« Des traces dans l'inconscient collectif »

Prises de parole, jeux de rôle, situations de la vie quotidienne mimées et analysées. Ce travail a pour but premier d'identifier la violence, d'en donner une définition aux contours parfois très personnels.

« Elle est dans les comportements, dans la communication, dans le ton que l'on emploie pour s'adresser à quelqu'un,estime Jean-François Bernardini. Quand on vit dans une île qui a connu 800 meurtres en 20 ans, tout cela n'est pas facile à digérer et il reste des traces qui se sont logées dans l'inconscient collectif. Pour moi, la non-violence ce n'est pas la lâcheté de celui qui n'a pas le courage de frapper. Il s'agit avant tout en l'adoptant de s'opposer à l'injustice, de se demander de quels moyens nous disposons pour lutter contre cela. Et en réfléchissant un peu, on comprend qu'il existe une autre voie, une autre façon de s'indigner avec des moyens beaucoup plus pérennes ».L'association pour une Fondation de Corse a donc l'intention de poursuivre ce programme, dès la rentrée prochaine. Un partenariat avec l'Éducation nationale devrait permettre d'organiser plusieurs interventions dans les lycées et les collèges de Corse.

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